Article mis à jour le 11 mai 2026 — sources officielles vérifiées (DREES, France Travail,Malakoff Humanis, INRS, INSEE).
1 salarié sur 5 est aidant familial : ce que ça change pour votre entreprise
L’aidance génère en moyenne entre 292 500 € et 448 000 € de coût annuel dans une entreprise de 500 salariés — en absentéisme et présentéisme non identifiés dans les tableaux de bord RH (sources : Malakoff Humanis 2024 ; INRS 2024). En France, 4,5 millions de salariés assurent aujourd’hui une aide régulière à un proche âgé ou en situation de handicap en parallèle de leur activité professionnelle — soit l’impact aidants salariés le plus sous-estimé de votre organisation (sources : France Travail, 2024 ; DREES, 2023).
Cet article quantifie chaque poste de coût et projette ce qui va s’aggraver d’ici 2030.
À retenir en 4 chiffres
- 4,5 millions de salariés aidants en France (61 % des 9,3 M d’aidants — DREES 2023)
- 1 salarié sur 5 aujourd’hui, 1 sur 4 d’ici 2030 (France Travail 2024)
- 9,8 heures/semaine consacrées à l’aide d’un proche en moyenne (Baromètre Occurrence 2023)
- 75 % ne déclarent pas leur situation à leur employeur (France Travail 2024)
Ce que disent les chiffres — l’aidance dans votre entreprise aujourd’hui
Un phénomène massif et invisible
9,3 millions de personnes en France déclarent apporter une aide régulière à un proche en situation de perte d’autonomie ou de handicap (source : DREES, 2023). Parmi elles, 61 % sont en activité professionnelle — soit environ 4,5 millions de salariés aidants actifs (source : France Travail, 2024).
Dans une entreprise de 500 salariés, cela représente statistiquement entre 80 et 100 personnes concernées aujourd’hui ou dans les 12 prochains mois.
Ce chiffre ne figure dans aucun tableau de bord RH — parce que 75 % des salariés aidants ne déclarent pas leur situation à leur employeur, par crainte de stigmatisation ou d’impact sur leur carrière (source : France Travail, 2024).
Un phénomène qui rajeunit
L’âge moyen d’entrée dans l’aidance est passé de 39 ans en 2021 à 33 ans en 2024 (source : Les Entreprises pour la Cité, 2025). Ce ne sont plus uniquement les seniors qui sont concernés, mais aussi les managers de 35 ans et les chargés de projet de 30 ans en pleine montée en compétence. D’ici 2030, un salarié sur quatre sera proche aidant dans votre entreprise (source : France Travail, 2024).
L’impact sur vos indicateurs RH
Absentéisme : une contribution silencieuse
Le taux d’absentéisme dans le secteur privé français a atteint 5,1 % en 2024, en hausse de 3 % par rapport à 2023 (source : Baromètre WTW 2025). La durée moyenne des arrêts atteint 24,1 jours par salarié (source : Observatoire APICIL / Groupe JLO 2025).
Parmi les salariés ayant eu un arrêt maladie en 2024, 51 % étaient proches aidants (source : Malakoff Humanis 2025). Les salariés aidants consacrent en moyenne 9,8 heures par semaine à l’aide d’un proche. 39 % des aidants déclarent un impact négatif sur leur activité professionnelle (source : enquête Ipsos-Macif, 2020).
Présentéisme : le coût invisible
57 % des salariés aidants se déclarent en difficulté (source : Baromètre Occurrence / La Mutuelle Générale, 2023). Le coût du présentéisme est estimé à 2 740 € par salarié concerné et par an (source : Malakoff Humanis 2024) — structurellement absent des tableaux de bord RH.
Turn-over : les démissions sans cause déclarée
Un tiers des salariés aidants déclare travailler davantage pour compenser une baisse de productivité qu’ils ressentent eux-mêmes (source : OCIRP, 2023). Moins de 2 % bénéficient d’un aménagement de leur temps de travail. Le coût de remplacement d’un salarié expérimenté représente entre 6 et 18 mois de salaire selon le niveau de qualification (fourchette estimée INRS / Malakoff Humanis 2024).
Estimer le coût de l’aidance dans votre masse salariale
Estimation par taille d’entreprise
Le tableau ci-dessous donne une estimation type, à affiner avec vos données internes. Base : 20 % de salariés aidants, dont 65 % en difficulté côté absentéisme (× 4 500 €/an) et 57 % en présentéisme (× 2 740 €/an). Sources : Malakoff Humanis 2024.
| Effectif | Aidants (20%) | Absentéisme | Présentéisme | Total par an |
| 100 salariés | 20 | 58 500 € | 31 236 € | 89 736 € |
| 250 salariés | 50 | 146 250 € | 78 090 € | 224 340 € |
| 500 salariés | 100 | 292 500 € | 156 180 € | 448 680 € |
| 1000 salariés | 200 | 585 000 € | 312 360 € | 897 360 € |
Note méthodologique : ces estimations sont des ordres de grandeur. Les chiffres réels dépendent de votre secteur, de la structure d‘âge de votre effectif et de votre taux de salariés aidants réel. Le coût du turn-over n’est pas inclus.
Ce qui va s’aggraver d’ici 2030
La démographie joue contre vous
La population française des plus de 75 ans passera de 6,5 millions aujourd’hui à 8,5 millions en 2030 (source : INSEE). D’ici 2030, 1 salarié sur 4 sera proche aidant dans votre entreprise — contre 1 sur 5 aujourd’hui (source : France Travail, 2024). Les entreprises qui n’ont pas construit de dispositif d’ici là seront en réaction, pas en prévention.
Un cadre légal et social qui se renforce
Les négociations obligatoires sur la QVCT intègrent progressivement l’aidance dans le champ des risques psychosociaux à documenter. Côté marque employeur, les candidats de 30-40 ans intègrent désormais les politiques aidants dans leur évaluation d’un employeur, au même titre que la parentalité il y a 15 ans.
Les signaux d’alerte à surveiller dans vos données RH
• Hausse des arrêts courts (1-3 jours) sur les tranches d’âge 35-55 ans
• Salariés ayant réduit leur temps de travail sans motif explicite
• Turnover non expliqué sur des profils seniors ou expérimentés
• Baisse d’engagement détectée lors des enquêtes QVT sans corrélation avec la charge de travail
• Demandes de congé de proche aidant : avez-vous eu des demandes dans les 24 derniers mois ?
• Part de vos salariés ayant des parents de plus de 75 ans : statistiquement, elle correspond à votre exposition minimale
Ce qu’Autonomia déploie pour vos salariés aidants
Face à une situation d’aidance, vos salariés n’ont pas besoin d’un numéro vert. Ils ont besoin d’un interlocuteur qui prend la complexité en charge à leur place. Autonomia met à disposition un Conseiller dédié — professionnel du médico-social formé au care management — qui contacte le salarié sous 48 heures, réalise un diagnostic complet autour de 7 dimensions clés du maintien à domicile, et active concrètement les solutions : aide à domicile via le réseau OuiCare (900+ agences en France), adaptation du logement, téléassistance, dossier APA, ARDH, MaPrimeAdapt’.
Le salarié reste pleinement opérationnel au travail. Vous recevez un reporting agrégé et anonymisé, conforme RGPD.
FAQ
Combien y a-t-il de salariés aidants en France en 2026 ?
Environ 4,5 millions de salariés français sont aidants familiaux en 2026, soit 61 % des 9,3 millions d’aidants identifiés par la DREES (étude 2023). Ce chiffre représente environ 1 salarié sur 5 dans une entreprise française moyenne. D’ici 2030, le ratio passera à 1 sur 4 sous l’effet du vieillissement démographique (France Travail, 2024).
L’âge des salariés aidants a-t-il évolué ?
Oui, l’aidance rajeunit fortement. L’âge moyen d’entrée dans l’aidance est passé de 39 ans en 2021 à 33 ans en 2024 (source : Les Entreprises pour la Cité, 2025). Ce ne sont plus uniquement les seniors qui sont concernés, mais aussi les managers de 35 ans et les chargés de projet de 30 ans en pleine montée en compétence.
L’aidance touche-t-elle les PME autant que les grandes entreprises ?
Oui, l’exposition est proportionnelle à l’effectif et à la structure d’âge. Une PME de 100 salariés compte statistiquement 20 salariés aidants. L’impact en valeur absolue est moindre, mais l’impact relatif sur le fonctionnement peut être plus fort : un salarié aidant en PME est souvent moins remplaçable.
Quelle est la différence entre absentéisme et présentéisme dans le contexte de l’aidance ?
L’absentéisme mesure les jours d’absence déclarés — visible dans les tableaux de bord RH, mais sans jamais mentionner l’aidance comme motif. Le présentéisme désigne la présence physique d’un salarié dont la disponibilité est partiellement mobilisée par une préoccupation extérieure. Son coût, 2 740 €/an/salarié concerné (source : Malakoff Humanis 2024), est structurellement invisible dans les indicateurs classiques.
L’aidance concerne-t-elle les cadres autant que les non-cadres ?
Oui, avec une nuance : les cadres absorbent davantage la charge en présentéisme. Les non-cadres ont moins de flexibilité et basculent plus vite dans l’absentéisme déclaré. Les deux populations ont un coût réel pour l’entreprise, par des mécanismes différents.
Que risque une entreprise qui ne traite pas le sujet ?
Trois risques croissants. Un risque RH immédiat : absentéisme, présentéisme et turn-over non expliqués. Un risque légal à moyen terme : l’obligation de négocier sur la QVCT intègre progressivement l’aidance dans le champ des risques psychosociaux à documenter. Un risque de marque employeur : les candidats de 30-40 ans intègrent désormais les politiques aidants dans leur évaluation d’un employeur.
Par où commencer pour agir sur ce sujet ?
Trois premières étapes sans budget important : cartographier l’exposition (profils démographiques, données d’absentéisme par tranche d’âge), sensibiliser les managers aux signaux faibles, et mettre en place un dispositif d’écoute. La construction du business case pour défendre l’investissement en CODIR est détaillée dans notre article dédié au ROI.
Sources
- DREES, Études et Résultats N°1255, février 2023 (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
- France Travail, Étude Aidants Familiaux 2024
- Malakoff Humanis, Baromètre Absentéisme 2025
- Malakoff Humanis, Étude Coûts de l’absentéisme et du présentéisme, 2024
- WTW, Baromètre Absentéisme 2025
- APICIL / Groupe JLO, Observatoire de l’absentéisme 2025
- Baromètre Occurrence / La Mutuelle Générale, 2023
- OCIRP, Baromètre Aidants 2023
- Les Entreprises pour la Cité, 2025
- Enquête Ipsos-Macif, 2020
- INSEE, projections démographiques 2030
- INRS, prévention des risques psychosociaux, 2024 (inrs.fr)