Article mis à jour le 25 mai 2026 — Sources officielles vérifiées (Malakoff Humanis, INSEE, France Travail, INRS).
Pourquoi certains de vos salariés sont souvent absents et difficiles à engager ?
Derrière la hausse de l’absentéisme dans votre entreprise, une cause reste
systématiquement sous-estimée : parmi les salariés ayant eu un arrêt maladie en 2024, 51% étaient proches aidants — c’est-à-dire qu’ils assuraient, en parallèle de leur travail, une aide régulière à un parent âgé, un conjoint malade ou un enfant en situation de handicap (source : Baromètre Malakoff Humanis 2025).
Ce phénomène a un nom.
La majorité des managers ne le connaissent pas encore.
À qui s’adresse cet article
DRH, responsables RH et managers quiconstatent une hausse de l’absentéisme dans leurs équipes sans cause clairement identifiée — et qui veulent comprendre l’une des causes les plus sous-estimées dans les organisations françaises.
Les causes de l’absentéisme que les RH sous-estiment
Indicateur | Valeur | Source |
Taux d’absentéisme secteur privé 2024 | 5,1 % — en hausse de 3 % vs 2023 | Baromètre WTW 2025, 430 000 salariés |
Durée moyenne des arrêts par salarié 2024 | 24,1 jours (contre 19,6 j en 2023) | Observatoire APICIL / Groupe JLO 2025 |
Coût annuel moyen d’un salarié absent | 4 500 € (dont 80 % de coûts indirects) | Malakoff Humanis 2024 |
Ce que vos tableaux de bord ne montrent pas
Les indicateurs RH classiques mesurent l’absentéisme déclaré. Ils ne mesurent pas le présentéisme — le salarié présent physiquement, mais dont la concentration est sérieusement entamée. Or le coût du présentéisme est estimé à 2 740 € par salarié concerné et par an (source : Malakoff Humanis 2024).
La cause silencieuse derrière les chiffres
Les risques psychosociaux sont identifiés comme la première cause des arrêts longs. Ce que les baromètres ne disent pas toujours : une part croissante de ces risques trouve son origine non pas dans le travail lui-même, mais dans une pression extérieure que le salarié ne verbalise pas.
Cette pression s‘appelle l’aidance.
En France, 9,3 millions de personnes déclarent apporter une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie (source : DREES, 2023). Parmi eux, 61 % sont en activité professionnelle — soit environ 4,5 millions de salariés aidants (source : France Travail, 2024). Un salarié sur cinq dans votre entreprise est, aujourd’hui ou dans les 12 prochains mois, dans cette situation.
Ce que l’aidance fait concrètement à un salarié
L’absentéisme visible
Un salarié aidant consacre en moyenne 9,8 heures par semaine à l’aide d’un proche — 10,6 heures pour les femmes, 9 heures pour les hommes (source : Baromètre Occurrence / La Mutuelle Générale, 2023). C’est l’équivalent d’une journée et demie de travail supplémentaire chaque semaine, en dehors des heures de bureau.
Quand cette charge devient incompatible avec un emploi à plein temps, le salarié arbitre : 39 % des aidants déclarent un impact négatif sur leur activité — aménagements d’horaires (17 %), réduction du temps de travail (12 %), arrêt de l’activité (10 %) (source : enquête Ipsos-Macif, 2020).
Le présentéisme — la partie immergée
57 % des salariés aidants se déclarent en difficulté. Mais 75 % d’entre eux ne préviennent pas leur manager de leur situation, par crainte d’être stigmatisés ou freinés dans leur carrière (source : France Travail, 2024).
Résultat : ils viennent travailler, mais leur disponibilité mentale est partiellement mobilisée ailleurs. Ils prennent des appels depuis leur bureau pour gérer des rendez-vous médicaux.
Ils partent plus tôt le vendredi, arrivent plus tard le lundi. Ils n’absorbent pas, jusqu’à la rupture.
Le turnover silencieux
Un tiers des salariés aidants déclare travailler davantage pour compenser une baisse de productivité qu’ils ressentent eux-mêmes (source : OCIRP, 2023). Moins de 2 % bénéficient d’un aménagement de leur temps de travail ou de congés adaptés. Quand la tension devient insoutenable, certains quittent l’entreprise — sans jamais mentionner l’aidance comme motif dans l’entretien de sortie.
5 signaux faibles à surveiller dans vos données RH
Une checklist applicable dés à présent, sans nouvel outillage :
- Hausse des arrêts de 1 à 3 jours sur les tranches d’âge 35-55 ans
- Demandes d’aménagement d’horaires sans motif explicite
- Baisse de performance détectée en entretien annuel sans cause professionnelle
- Turnover non expliqué sur des profils expérimentés
- Décrochage progressif d’un manager habituellement engagé
Pourquoi ce phénomène va s’aggraver
Une démographie inéluctable
D’ici 2030, un salarié sur quatre sera proche aidant (source : France Travail, 2024). La population française des plus de 75 ans passera de 6,5 millions aujourd’hui à 8,5 millions en 2030 (source : INSEE). Les entreprises qui n’ont pas construit de dispositif d’ici là seront en réaction, pas en prévention.
Un cadre légal qui se renforce
Les négociations obligatoires sur la QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail) intègrent progressivement l’aidance dans le champ des risques psychosociaux à documenter. Plusieurs branches professionnelles ont commencé à inclure des dispositions spécifiques dans leurs accords de branche.
Ce qu’Autonomia change pour vos salariés aidants
Identifier l’aidance dans votre entreprise est une première étape. La traiter en profondeur en est une autre. Autonomia déploie un dispositif clé en main : un Conseiller dédié — assistant social, conseiller en économie sociale et familiale ou infirmier coordinateur — contacte chaque salarié aidant qui en fait la demande sous 48 heures, en toute confidentialité. Diagnostic en 7 dimensions, plan d’action personnalisé, coordination des intervenants à domicile, activation des aides financières (APA, ARDH, MaPrimeAdapt’, CESU). En moyenne 16 jours d’arrêt évités par aidant accompagné, et un reporting RSE agrégé et anonymisé pour documenter l’impact en CODIR.
Combien de salariés aidants ai-je dans mon entreprise ?
Environ 1 salarié sur 5 est aujourd’hui proche aidant — soit 20 % de votre effectif. Dans une entreprise de 500 salariés, cela représente environ 100 personnes, dont la grande majorité n’a jamais mentionné cette situation à leur manager. D’ici 2030, ce ratio passera à 1 sur 4 (source : France Travail, 2024 ; DREES, 2023).
Comment identifier l'absentéisme lié à l'aidance dans mes tableaux de bord ?
Pas directement — c’est précisément le problème. 75 % des salariés aidants ne déclarent pas leur situation à leur employeur (source : France Travail, 2024). L’absentéisme lié à l’aidance se cache derrière des motifs génériques. Un diagnostic ciblé, basé sur des critères démographiques et comportementaux (âge, ancienneté, signaux faibles listés ci-dessus), permet d’en estimer l’ampleur réelle sans rompre la confidentialité.
Quels sont les principaux facteurs cachés d’absentéisme en entreprise en 2026 ?
Trois causes sous-estimées dominent en 2026 : l’aidance familiale (51 % des salariés ayant eu un arrêt maladie en 2024 étaient aidants — source : Malakoff Humanis 2025), la charge mentale liée à la parentalité (notamment monoparentale), et les troubles musculo- squelettiques liés au télétravail mal équipé. L’aidance est la plus invisible car 75 % des salariés concernés ne déclarent pas leur situation à leur employeur.
Quel est le coût annuel moyen d’un salarié aidant non identifié pour mon entreprise ?
Entre 4 500 €/an (coût d’absentéisme moyen — Malakoff Humanis 2024) et 7 240 €/an si l’on ajoute le présentéisme estimé à 2 740 €/an (Malakoff Humanis 2024). Sur une entreprise de 500 salariés avec 100 salariés aidants statistiquement présents, l’impact financier total non identifié dans la masse salariale se situe entre 290 000 € et 450 000 €/an.
Quel est le coût réel d‘un salarié aidant pour l’entreprise ?
Un salarié absent coûte en moyenne 4 500 € par an à son employeur, dont 20 % en coûts directs (maintien de salaire, cotisations) et 80 % en coûts indirects — remplacement, réorganisation, perte de compétences (source : Malakoff Humanis 2024). Le présentéisme représente un coût additionnel estimé à 2 740 € par salarié concerné et par an.
L'aidance est-elle un sujet RH ou médical ?
Les deux, mais l’entrée RH est la plus efficace. Un salarié aidant ne consulte généralement pas le médecin du travail pour parler de sa situation — il la gère seul jusqu’à l’épuisement.
C’est le manager ou la DRH qui peut créer les conditions pour que le sujet soit abordé : via une politique explicite, des aménagements accessibles sans stigmatisation, et un interlocuteur dédié.
Par où commencer si je veux agir sur ce sujet dans mon entreprise ?
Trois premières étapes sans budget important : cartographier l’exposition (profils démographiques, données d’absentéisme par tranche d’âge), sensibiliser les managers aux signaux faibles, et mettre en place un dispositif d’écoute. La mise en place d’un programme structuré et son ROI sont détaillés dans notre guide complet — ROI du programme aidants salariés.
Sources
- Malakoff Humanis, Baromètre Absentéisme 2025
- Malakoff Humanis, Étude Coûts de l’absentéisme et du présentéisme, 2024
- WTW, Baromètre Absentéisme 2025 (430 000 salariés analysés)
- APICIL / Groupe JLO, Observatoire de l’absentéisme 2025
- France Travail, Étude Aidants Familiaux 2024
- DREES, Études et Résultats N°1255, février 2023 (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
- Baromètre Occurrence / La Mutuelle Générale, 2023
- OCIRP, Baromètre Aidants 2023
- Enquête Ipsos-Macif, 2020
- INSEE, projections démographiques 2030