ROI du programme aidants salariés : comment justifier l’investissement devant votre CODIR

Article mis à jour le 11 mai 2026 — sources officielles vérifiées (INRS, URSSAF, Malakoff Humanis, France Travail).

ROI du programme aidants salariés : comment justifier l’investissement devant votre CODIR

Défendre l’investissement dans un programme aidants devant votre CODIR requiert trois types d’arguments : le coût de l’inaction, chiffrable dans votre masse salariale actuelle, le retour sur investissement documenté de la prévention en santé travail, et des indicateurs de pilotage post-déploiement crédibles pour votre DAF.

Cet article structure ces trois arguments avec les données disponibles, signale les lacunes documentaires, et propose une méthode applicable à votre contexte dès la première lecture.


À retenir en 3 ratios :

  • 2 à 5 € retournés pour chaque euro investi en prévention santé travail (INRS 2024)
  • 448 680 €/an : coût estimé de l’inaction sur 500 salariés (Malakoff Humanis + INRS 2024)
  • 2 591 €/bénéficiaire/an : exonération URSSAF du CESU préfinancé en 2026

Quantifier le coût de l’inaction

Avant de justifier un investissement, il faut poser le coût de ne rien faire. C’est cet argument qui convainc le DAF — pas la dimension sociale du sujet.

Absentéisme : le poste visible

Un salarié absent coûte en moyenne 4 500 €/an à son employeur, dont seulement 20 % de coûts directs (maintien de salaire, cotisations) et 80 % de coûts indirects — remplacement, réorganisation, perte de compétences, impact sur les équipes (source : Malakoff Humanis 2024).

Le taux d’absentéisme du secteur privé a atteint 5,1 % en 2024, en hausse de 3 % (source : WTW 2025). Parmi les salariés en arrêt maladie en 2024, 51 % étaient proches aidants (source : Malakoff Humanis 2025).

Présentéisme : le poste invisible et plus coûteux

Le présentéisme est structurellement absent des tableaux de bord RH. Son coût est estimé à 2 740 €/an par salarié concerné (source : Malakoff Humanis 2024).

57 % des salariés aidants se déclarent en difficulté (source : Baromètre Occurrence / La Mutuelle Générale, 2023). Sur 100 salariés aidants dans une entreprise de 500 personnes : 57 × 2 740 € = 156 180 €/an de coût de présentéisme estimé.

Turn-over : un coût difficile à isoler, mais documentable

Un tiers des salariés aidants déclare travailler davantage pour compenser une baisse de productivité qu’ils ressentent eux-mêmes — sans que l’entreprise n’en soit informée (source : OCIRP, 2023). Le coût de remplacement varie entre 50 % et 200 % du salaire annuel brut selon les profils (fourchette INRS / Malakoff Humanis 2024).

Tableau de synthèse — coût de l’inaction (base 500 salariés)

Poste

Hypothèse

Estimation annuelle

Salariés aidants

100 (20 % de 500)

Absentéisme (65 % de 100)

65 × 4 500 €

292 500 €

Présentéisme (57 % de 100)

57 × 2 740 €

156 180 €

Turn-over partiel

À calculer en interne

Non chiffré ici

Total estimé (hors turn-over)

 

448 680 €/an

Méthode : données moyennes secteur privé (sources : Malakoff Humanis 2024, INRS 2024). Affiner avec les chiffres internes pour une présentation CODIR. Ce tableau est conçu pour être repris tel quel dans un support de présentation.

Ce que coûte un programme aidants salariés

Les composantes d’un programme

Un programme aidants structuré comprend typiquement trois niveaux de service :

Sensibilisation et identification : communication interne, formation des managers aux signaux faibles, dispositif de déclaration volontaire anonyme.

Accompagnement individuel : conseiller dédié, diagnostic de situation, orientation vers les solutions.

Coordination des intervenants : activation des solutions concrètes — aide à domicile, téléassistance, adaptation du logement, SSIAD, SAAD. Le Conseiller Autonomia s’appuie sur un écosystème triple : le réseau Oui Care (900+ agences partout en France, y compris en zones rurales), Silver Alliance (alliés du bien-vieillir) et des prestataires locaux audités.
Un seul interlocuteur pour orchestrer l’ensemble.

 

Le calcul du ROI — méthode et chiffres

Le ratio de référence : 2 à 5 € pour 1 € investi

Chaque euro investi dans la prévention des risques liés à la santé au travail rapporte entre 2 et 5 euros de retour sur investissement (source : INRS, 2024). Ce ratio constitue le plancher de l’argumentaire ROI devant un CODIR.

Comment présenter le ROI en CODIR

Template à reprendre dans votre slide CODIR :

Slide 1 — Le coût de l’inaction [chiffre personnalisé] €/an non identifiés dans la masse salariale

Slide 2 — Le ratio sectoriel 2 à 5 € retournés pour 1 € investi (INRS 2024) — applicable à la prévention RPS et santé travail

Slide 3 — Le gain net minimum [coût de l’inaction] − [coût du programme] = [gain net annuel]

Slide 4 — Les KPIs de suivi proposés : Taux d’utilisation, absentéisme, NPS aidants accompagnés, taux de rétention

Les arguments par interlocuteur

Pour le DAF : réduire un coût déjà existant

L’argument central n’est pas ‘investir dans le bien-être’ — c’est ‘réduire un coût qui pèse déjà dans la masse salariale et que vous ne voyez pas’. Le coût de l’inaction (entre 400 000 € et 600 000 €/an pour 500 salariés) est plus élevé que le coût d’un programme structuré. C’est un arbitrage de gestion, pas une dépense sociale.

Pour le DG : un sujet de marque employeur et de responsabilité

L’inéluctabilité démographique : d’ici 2030, 1 salarié sur 4 sera proche aidant (source : France Travail, 2024). Ne pas anticiper, c’est être en réaction dans 5 ans sur un effectif deux fois plus exposé.

La marque employeur : les candidats de 30-40 ans intègrent les politiques aidants dans leur évaluation d’un employeur, au même titre que la parentalité.

Pour le DRH lui-même : un sujet de conformité QVCT croissant

Les négociations obligatoires sur la QVCT constituent le cadre réglementaire dans lequel l’aidance peut être documentée comme risque psychosocial. Plusieurs branches professionnelles ont commencé à intégrer des dispositions spécifiques dans leurs accords de branche.

Les indicateurs de suivi post-déploiement

Indicateur

Fréquence

Source

Taux d’utilisation du programme

Trimestrielle

Opérateur du programme

Absentéisme — salariés aidants identifiés

Semestrielle

RH interne

NPS salariés aidants accompagnés

Annuelle

Enquête interne

Taux de rétention — salariés aidants

Annuelle

RH interne

Coût total du programme vs. économies estimées

Annuelle

DAF + opérateur

Note : les KPIs d’absentéisme ne sont mesurables que si les salariés aidants sont identifiés via un mécanisme de déclaration volontaire.

 

Les éléments à préparer pour votre présentation CODIR

  • Calcul du coût de l’inaction personnalisé : taux d’absentéisme interne × part estimée liée à l’aidance × coût moyen par absence
  • Nombre estimé de salariés aidants dans votre effectif (méthode démographique + enquête QVT si disponible)
  • Chiffrage du programme : contacter Autonomia pour un devis sur votre périmètre
  • Tableau ROI : coût de l’inaction vs. coût du programme vs. ratio INRS 2:1
  • KPIs proposés avec fréquence de reporting — à inclure dans la résolution CODIR
  • Benchmark sectoriel : 3 à 5 entreprises de référence ayant déployé un programme aidants dans votre secteur (disponible auprès d’Autonomia)
  • Argument légal QVCT : vérifier si votre accord de branche mentionne l’aidance

Comment chiffrer le ROI d'un programme aidants salariés sans données internes sur l'aidance ?

La méthode se déroule en deux étapes. D’abord, estimer le coût de l’inaction par approximation démographique : 20 % de votre effectif × coût moyen absentéisme (4 500 €) × taux de salariés en difficulté (65 %) = coût absentéisme minimum lié à l’aidance. Ensuite, appliquer le ratio INRS (1 € investi = 2 à 5 € retournés) au coût du programme pour construire le gain net (source : INRS, 2024 ; Malakoff Humanis 2024).

Les trois solutions n’ont pas le même périmètre ni le même impact. Un numéro vert d’orientation coûte significativement moins, mais son impact sur l’absentéisme et la rétention est moindre. Une plateforme réduit les coûts de sensibilisation mais ne coordonne pas les intervenants. Un conseiller dédié avec accès à un réseau de partenaires spécialisés génère un ROI supérieur par l’accompagnement dans la durée.

Non — le déploiement ne requiert pas d’accord préalable. Il peut être mis en place par décision unilatérale de la direction. Un accord d’entreprise ou une charte aidants renforcent la visibilité du dispositif et sa durabilité — recommandé à terme, pas un prérequis pour démarrer.

Sources

  • INRS, prévention des risques psychosociaux et santé travail, 2024 (inrs.fr)
  • Malakoff Humanis, Étude Coûts de l’absentéisme et du présentéisme, 2024
  • Malakoff Humanis, Baromètre Absentéisme 2025
  • WTW, Baromètre Absentéisme 2025
  • URSSAF, plafond CESU préfinancé 2026, arrêté du 23 décembre 2025 (urssaf.fr)
  • Code Général des Impôts, article 244 quater F (CIF) — legifrance.gouv.fr
  • France Travail, Étude Aidants Familiaux 2024
  • DREES, Études et Résultats N°1255, février 2023
  • Baromètre Occurrence / La Mutuelle Générale, 2023
  • OCIRP, Baromètre Aidants 2023

Découvrez nos solutions !

Table des matières